Assemblée Générale AFCA-CIAL 24/06/2026 – Discours de clôture de Jean-François LABARRE Président
Pendant plusieurs décennies, nous avons évolué dans un cadre marqué par l’ouverture croissante des marchés et l’optimisation des chaînes d’approvisionnement à l’échelle mondiale. Ce modèle favorise le développement des échanges et la croissance économique. Mais les crises successives de ces dernières années ont également mis en évidence des fragilités : pandémie de Covid-19, guerre en Ukraine, tensions énergétiques, perturbations logistiques mondiales, rivalités commerciales entre grandes puissances ou encore multiplication des aléas climatiques et sanitaires.
Dans ce contexte, la souveraineté alimentaire et industrielle est devenue une préoccupation majeure des décideurs économiques et politiques : comment continuer à garantir la capacité de nos territoires à produire, innover, investir et sécuriser les activités essentielles à leur fonctionnement ?
Les entreprises représentées par l’AFCA-CIAL sont directement concernées par ces enjeux. Les additifs, ingrédients fonctionnels, prémélanges et compléments contribuent chaque jour :
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à la performance des élevages ;
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à la santé et au bien-être des animaux ;
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à la disponibilité des denrées alimentaires ; en quantité et en qualité
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à la réduction de l’empreinte environnementale des filières animales
Cette contribution reste parfois insuffisamment visible. Pourtant la sécurité alimentaire commence très en amont des linéaires des magasins, au sein de tous les maillons en amont qui permettent de nourrir et de préserver les performances des animaux d’élevage.
Malgré un environnement particulièrement exigeant, l’année 2025-2026 a confirmé le dynamisme du secteur. Les activités représentées au sein de l’AFCA-CIAL sont en progression et les entreprises continuent d’investir, de développer de nouvelles solutions nutritionnelles et de renforcer leur présence à l’international. C’est un point positif qui mérite largement d’être souligné.
Côté syndicat, l’année écoulé a été une année de forte mobilisation collective autour de plusieurs priorités structurantes dans le prolongement du plan stratégique :
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le sujet de la simplification réglementaire au niveau européen et français
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le sujet de la compétitivité et de la souveraineté alimentaire.
La force de notre syndicat est sa capacité à mobiliser une expertise au service du secteur. J’adresse à nouveau un grand merci à tous ceux qui y passent du temps : l’équipe, les participants des groupes de travail, des commissions, des instances de gouvernance.
Veille réglementaire, recommandations techniques, guides pratiques, réunions d’information et réponses aux questions des entreprises permettent d’accompagner l’application de réglementations toujours plus complexes et d’anticiper leurs évolutions.
En matière de sécurité alimentaire, aux côtés d’OQUALIM, l’AFCA-CIAL poursuit son engagement historique en faveur de la sécurité sanitaire des aliments pour animaux.
L’année écoulée a notamment été marquée par l’aboutissement du dossier relatif à la décontamination des matières premières contaminées par des salmonelles grâce à l’utilisation d’acides organiques. Après plusieurs années de travaux, un cadre reconnu par les autorités est désormais disponible pour les professionnels. Ce cadre est également salué et demandé à l’international. Nous savons que nous devons continuer à travailler pour répondre à certains freins qui remontent du terrain.
Sur l’axe de la compétitivité, rien ne peut être considéré comme acquis. Les entreprises du secteur font face à des défis qui se succèdent ou arrivent en parallèle :
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pression réglementaire croissante : on tente de simplifier d’un côté, mais on complexifie aussi d’un autre avec souvent plus de célérité
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concurrence internationale accrue
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augmentation de différentes charges de production
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contraintes sur les approvisionnements
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besoin permanent d’innovation et d’adaptation
L’AFCA-CIAL a porté ces préoccupations tout particulièrement dans le cadre de « l’Omnibus » qui présentait une opportunité d’améliorer la compétitivité. Dans les différentes idées soutenues, rien n’est encore totalement acquis mais certaines pistes semblent pouvoir aboutir (la suppression des renouvellements systématiques, la digitalisation de l’étiquetage, …). Rien que ces sujets marqueraient déjà une évolution très importante pour notre secteur.
Compte-tenu de la dimension export qui est une spécificité de nos entreprises, l’AFCA-CIAL est fréquemment sollicitée pour lever les blocages administratifs ou sanitaires qui peuvent surgir.
Durabilité et souveraineté sont deux priorités désormais indissociables. Pour pouvoir accompagner la transition environnementale, la durabilité est intégrée comme une composante indispensable. Les travaux ne manquent pas dans le domaine :
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méthodes d’évaluation des impacts environnementaux
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accompagnement sur la communication environnementale,
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travail sur la certification des démarches
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aide à l’accès aux bases de données (GFLI)
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et enfin le travail très conséquent sur la gestion des emballages vides avec VALORALIM, et la réflexion sur les nouvelles données concernant la R.E.P. professionnelle.
L’AFCA-CIAL, avec l’aide de ses adhérents et de ses partenaires, apportent sa vision technique robuste, des données chiffrées, et des solutions opérationnelles.
L’un des défis majeurs des prochaines années concernent la souveraineté de nos approvisionnements. Nos dépendances ont été mises en lumière dans les crises récentes. Les travaux conduits par l’AFCA-CIAL, et avec la FEFAC, ont confirmé ces faits et permis de sensibiliser un large public de décideurs. Nous sommes désormais dans la phase de construction des solutions et ce n’est pas le plus simple. Il faut trouver les ressorts pour rééquilibrer notre compétitivité dans un équilibre parfois subtil de mesures de soutiens et de rappel des règles du jeu pour un commerce équitable.
L’intervention d’Anaïs VOY-GILLIS lors de cette Assemblée générale rappelle que les enjeux industriels ne concernent pas uniquement quelques secteurs emblématiques. La souveraineté productive d’un pays repose aussi sur une multitude d’activités parfois discrètes mais indispensables dont nous faisons partie.
À la croisée de l’agriculture, de l’industrie, de la recherche, de la santé animale et de la durabilité, elle contribue directement à la robustesse économique de nos territoires et à la sécurité alimentaire de l’Europe.
Le secteur dispose également d’atouts considérables :
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des entreprises innovantes ;
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une forte capacité d’exportation ;
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une expertise reconnue ;
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un ancrage territorial fort ;
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une culture de coopération et d’action collective
La nutrition animale n’est pas seulement un secteur technique. Elle est un secteur stratégique.
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Parce qu’elle nourrit les animaux.
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Parce qu’elle accompagne les éleveurs.
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Parce qu’elle contribue à la performance économique, à la sécurité sanitaire et à la durabilité des filières.
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Parce qu’elle crée de l’emploi, de la valeur et de l’innovation sur nos territoires.
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Et parce qu’en définitive, elle participe directement à la souveraineté alimentaire et industrielle de la France et de l’Europe.
Alors oui, la souveraineté alimentaire commence bien avant l’assiette du consommateur. Elle commence aussi dans les laboratoires, les usines, les centres de recherche et les entreprises qui développent chaque jour les solutions nutritionnelles dont dépend la performance de nos élevages.
Merci à tous,
Jean-François LABARRE
Président